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Conseil Municipal

Sauvegardons le Fort

Le projet de sauvegarde du Fort, loin de nous avoir convaincu, nous apparaît comme fébrile aussi bien techniquement que financièrement.

Intervention de Marc Toutin lors du conseil municipal du 2 juillet 2020.

Merci Monsieur le maire, chers collègues,

Nous abordons donc un sujet qui touche de près nombre de Monsoises et Monsois et l’ancien président de l’association historique qui vous parle.

Je suis très heureux qu’une consultation soit envisagée pour permettre une mise en sécurité des publics et des bâtiments de cette véritable pépite monsoise.

Sans refaire l’histoire du Fort, rappelons juste que la Ville anime l’un des rares Fort Séré de Rivières quasi en état d’origine où les quelques adaptations et aménagements et extensions l’ont été avec beaucoup de respect et délicatesse quant à l’existant.

Mon propos portera sur 3 points :

1 – Les espèces végétales sur talus

Le Fort présente des particularités qui, si elles en font le charme, en sont aussi l’origine de désordres particulièrement délicats à régler.

Je veux parler des plantations d’arbres de hautes tiges que la Nature s’est chargée de réaliser au grès des années depuis le transfert des Armées à la Ville. Les prairies originelles ont été remplacées par des bosquets puis une forêt dont les racines percent les étanchéités des volumes habités.

Des travaux d’injection dans les voutes ont été très tôt engagés pour permettre avec Lille 2004 l’ouverture de la bibliothèque dans la version que nous connaissons aujourd’hui.

De nombreuses interventions ont été réalisées depuis sur le restaurant et le conservatoire mais également revenir sur de nouvelles fuites apparues dans la bibliothèque. Le système montre ses limites et la solution de déboisement proposée dans le diagnostic si elle semble de prime abord évidente ne règlera pas les désordres. En effet, comme il est indiqué dans le diagnostic AMEXIA (AMO de la Ville désigné en juin 2018) que vous nous avez permis de consulter (et je vous en remercie), le non-dessouchage des arbres pour limiter les investissements ne limitera pas les repousses liées au recépage des robiniers, les infiltrations par systèmes racinaires conservés, ou les conduits de nouvelles infiltrations par système racinaire si celui-ci se détruit. Un suivi est en cela préconisé pour de nombreuses années (coupe et injections).

2 – les particularités du bâti.

Si un inventaire assez précis des désordres (sans être exhaustif) est fait, aucune des spécificités de la construction n’est prise en compte dans les travaux à réaliser (qui sont pour l’instant encore peu clairs à la lecture du cahier des charges). Le diagnostic remis montre ses limites pour un bâtiment complexe par son histoire, son organisation spatiale, sa nature et son usage. Un diagnostic architectural, patrimonial et sanitaire axé sur un usage public permettrai de déterminer la nature des matériaux employés, d’identifier leur altération et de pronostiquer leur évolution. C’est ce que les services de l’Etat qui doivent être consultés pour tous travaux qui concerne la lisibilité de l’immeuble. PM le classement de la Pyramide de la Chaufferie.

3 – Projet de site et aménagements

Nous n’avons pas connaissance de projet de Fort qui gouverne les choix qui nous sont proposés. Une relocalisation réorganisation de l’aile Heure Exquise plusieurs fois évoquée ne semble pas rentrer dans le cahier des charges. Des casemates sont décrites comme à combler de billes d’argiles et de mortier expansif sans engagement de réversibilité. La voûte de la salle de garde Nord qui s’est effondrée il y a déjà plusieurs mois, n’est pas prévue d’être restituée pour redonner de la surface au conservatoire et de l’authenticité au bâtiment…

Sans projets, comment assurer que les investissements proposés ne soient pas pour certains contres productifs ?

Un point complémentaire est le constat dans les pièces actuelles d’absence d’une volonté de chantier d’insertion, éventuellement en partenariat avec les Compagnons du Devoir de Villeneuve d’Ascq section maçonnerie, ce qui permettrai la formation à des métiers en tension à destination de jeunes de la Ville.

Enfin, comment à la lecture de ces points, valider l’estimation financière (au détail de laquelle nous n’avons pas eu accès sur ces deux derniers jours) qui est proposée et qui, si elle semble conséquente voir confortable, n’est en rien assurée de ne pas être largement dépassée.

La procédure annoncée de consultation des maitres d’œuvre semble aujourd’hui précipitée. Et le montant des indemnités de concours de 5000€ des participants non retenus des plus anecdotique au vu du travail à réaliser.

Pour l’ensemble de ces points nous ne validerons pas cette délibération qui semble en l’état quelque peu précipitée.

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